Amazon fresh vient chasser sur les terres d’Ocado

Amazon fresh vient chasser sur les terres d’Ocado

Avec l’annonce officielle du lancement à Londres de son service de livraison de produits alimentaires AMAZON FRESH, le géant américain du e-commerce vient de facto chasser sur les terres de OCADO, le pure-player qui jusque là régnait en maître sur ce business dans le pays.

OcadoLogoH2013-CMYK–primary

Crée au début des années 2000 par un ancien trader de Goldman Sachs, Tim Steiner, OCADO réalise aujourd’hui plus de 1 milliard de livres de chiffre d’affaires, est rentable et capitalise 3 milliards de livres à la bourse de Londres. La marque a noué un certain nombre de partenariats avec de grands distributeurs anglais comme Waitrose ou Morrissons pour proposer des dizaines de milliers de références.

ocado-homepage_0_0

Mais la clé de son succès repose sur l’excellence de sa technologie (800 développeurs sont mobilisés tous les jours),  la précision de sa logistique et son obsession du service clients. Cet éco-système construit dès l’origine par les équipes maison lui assure d’être à la fois le moins cher, le plus efficace en matière de logistique tout en offrant une expérience utilisateur remarquable, y compris sur mobile.

1334465_Ocado_scan_and_shop

ocado-warehouse

Malheureusement, on peut craindre que l’avance technologique d’Ocado soit désormais mise à mal par Amazon Fresh, qui va se concentrer sur Londres pour son premier développement en dehors des Etats-Unis.

Proposé aux abonnés Amazon Prime (qui payent déjà 79 livres par an), le service Amazon Fresh est facturé, quant à lui, 7 livres par mois (soit 9 euros). Pour ce prix, les clients ont accès à une offre alimentaire exceptionnelle de 130 000 références. Des grandes marques nationales et internationales bien sûr mais aussi une offre plus pointue issue d’un partenariat avec 50 distributeurs indépendants (dont Borouhg Market, un des marchés frais les plus populaires de la capitale britannique).

Côté service client, Amazon Fresh frappe fort : Livraison 7j/7 de 7h à 23h.

La bataille s’engage entre les deux pure players les plus performants du commerce alimentaire en ligne du pays. Si les spécialistes du secteur parient sur une fragilisation d’Ocado, on peut surtout penser que ce sont les distributeurs traditionnels comme Waitrose ou Tesco qui vont voir leur propre service e-commerce durement challengé. Certes, en étant fournisseurs des places de marché d’Ocado et d’Amazon, les ventes sur internet de ces grands distributeurs traditionnels vont  décoller, mais cela se fera au détriment de leur propre canal e-commerce pour lequel ils ont déjà investi des fortunes.

Les prochains mois seront donc passionnants à étudier. Car toute l’industrie de la grande distribution anglaise (londonienne dans un premier temps) va probablement être déstabilisée. On étudiera avec attention l’évolution du poids du e-commerce dans les achats alimentaires des britanniques. On sait que près de 20% des 25 / 34 ans font déjà quasi-exclusivement leur achat alimentaire en ligne. On comprend mieux l’arrivée d’Amazon Fresh sur un marché aussi réceptif.

Retrouvez régulièrement des news et analyses retail sur www.stephanekeulian.com