Mon avis sur Café urbain et littéraire ZA

Mon avis sur Café urbain et littéraire ZA

La rénovation spectaculaire du Forum des Halles offre aux amoureux du retail l’occasion de découvrir de nouveaux concepts.

J’ai déjà eu l’occasion de vous faire part de mon point de vue quant au nouveau concept GO SPORT. Lire ICI mon post à ce sujet.

Aujourd’hui je vous propose de déjeuner chez ZA, le dernier concept de restauration né de la collaboration déjà fructueuse entre Fabienne et Philippe Amzallak, côté carte et management, et Philippe Starck, côté design et décor.

On doit à ce trio un certain nombre d’établissements à succès comme BON ou MA COCOTTE par exemple.

Restaurant Bon - Paris 16
Restaurant Bon – Paris 16
Ma Cocotte - Puces de Saint Ouen
Ma Cocotte – Puces de Saint Ouen

Leur nouvelle aventure a donc donné naissance à un objet innovant : un restaurant sain et bon + une interface digitale pour se simplifier la vie dans le restaurant + l’occasion d’acheter et de lire des livres sur place.

Un café urbain et littéraire du 21ème siècle, dans un lieu populaire à très fort trafic.

Alléchant. Je décide de le découvrir le 12 avril 2016.

1 – L’EMPLACEMENT / LE LIEU

ZA occupe un espace particulièrement confortable de 600 m2 dans un espace baignée de lumière, à un emplacement stratégique sous la canopée. Du flux en perspective.

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Et du flux, il va en falloir. On imagine le montant du loyer et des charges, même si Unibail, dans sa quête de lieux de restauration inédits et innovants, a sans doute du consentir un effort – relatif – pour accueillir ZA.

A première vue La masse salariale doit être élevée, elle aussi. J’ai vu une équipe étoffée, en salle comme en cuisine. Nécessaire pour faire tourner un établissement de cette taille.

Pour en avoir discuter avec certains membres du staff, c’est un étiage journalier de 1000 couverts qui est visé et ce, 7 jours sur 7.

Comme les autres enseignes présentes sous la canopée, ZA souffre d’un problème de visibilité de sa marque. Pour préserver l’intégrité visuelle du bâtiment, le bailleur n’a sans doute pas souhaité d’enseigne extérieure, ni de vitrophanies trop visibles. Reconnaissons que c’est un handicap (qui ne manquera pas d’être mis en avant par les enseignes en cas de démarrage laborieux, mon expérience au sein de foncières me l’a enseignée).

ZA a trouvé la parade (un palliatif plutôt) en plaçant son triporteur le long de sa vitrine.

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Il est néanmoins prévu que ZA bénéficie d’une terrasse extérieure quand les jardins seront prêts, dans quelques mois. Elle offrira un appel visuel précieux pour le restaurant.

Le nouveau Forum des Halles et ses futurs jardins
Le nouveau Forum des Halles et ses futurs jardins

A l’intérieur du restaurant, on aime la simplicité du décor. Le design est au service de l’expérience et met en scène l’espace cuisine et le comptoir. Cette simplicité n’est pas facile à atteindre dans un projet retail design. On tombe parfois dans le piège de la surenchère.

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J’apprécie particulièrement le choix des matériaux, bruts et clairs, la hauteur des tables et des assises. Tout est parfaitement agencé. Zen. Pas simple dans un tel espace.

Je note quelques belles pièces comme cette bibliothèque avec son socle mobile en béton brut.

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2- L’ERGONOMIE DE FONCTIONNEMENT

ZA est un café digital, qu’on se le dise !

N’oubliez pas votre smartphone pour aller déjeuner. Il est aussi important que votre carte bancaire.

Dès l’entrée, un équipier cool et avenant vous demande si vous connaissez le mode d’emploi. Si ce n’est pas le cas, préparez-vous à valider trois étapes :

A- Connecter vous au WiFi de ZA. Il marche parfaitement et rapidement. C’est encore malheureusement assez rare pour le noter. Et en plus, inutile de renseigner un questionnaire pour y accéder. C’est immédiat.

B – Télécharger l’application ZA sur AppStore ou Android. Là encore pas de problème.

C – Enfin, activer le bluetooth de votre téléphone.

Prêt ? Allez vous installer.

Pour passer commande, on utilise l’application. On accède au menu. On fait son choix entre les différentes formules. C’est très simple.

Avant tout, on pose son téléphone sur le numéro de sa place qui figure sur sa table.

 

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Ensuite, on se laisse guider.

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L’ergonomie est très simple. On apprécie quelques fonctionnalités utiles comme la possibilité de partager l’addition.

En cas de soucis technique, il suffit de cliquer sur le cercle bleu en bas à gauche de l’écran. Cela permet d’alerter un équipier qui vient vous aider.

Et des soucis, j’en ai eus. Beaucoup.

Premièrement, mon téléphone (iPhone 6) n’a pas réussi à se connecter à mon numéro de table 401. Après plusieurs essais infructueux (avec l’aide d’un membre du staff), on abandonne la 401. La table 402 fonctionne. Ouf.

Une fois mon choix effectué. Je décide de payer en espèce. C’est fait. J’attends à présent mon plateau.

Quinze minutes plus tard, toujours pas de plateau. Je décide de demander de l’aide à un serveur. Celui-ci m’informe que ma commande n’a, bizarrement, pas été prise en compte. Comme j’ai déjà payé en liquide et que le serveur ne m’a pas donné de reçu, l’autre serveur qui vient m’aider doit me croire sur parole. Je passe finalement commande oralement (!). Pour un café digital, c’est un comble.

Les problèmes techniques arrivent parfois. Je crois que j’ai juste eu un manque de chance. Pas grave au final. L’équipe a très bien géré le problème.

3 – L’EXPERIENCE

Pendant que je patiente, je cherche à mieux comprendre le principe du café littéraire.

Sur l’application ZA, vous avez accès à une sélection de 7 ouvrages (c’est maigre mais la liste est renouvelée chaque semaine) directement disponibles en format papier. Pas vraiment des best-sellers ni des auteurs notoires.

Plus intéressant, a priori, c’est la possibilité qui vous est offerte d’accéder à un plus large choix (2000 ouvrages selon le staff), via une tablette que le manager (et seulement le manager) vous apporte si vous la demandez. Le problème c’est que certains serveurs (vous n’avez pas un serveur attitré à votre table, ils circulent dans tout le restaurant) ne sont pas forcément au courant de cette fameuse tablette. J’ai l’impression de mettre un peu le bazar.

Cette tablette est en fait connectée au portail ORSERY. Ce portail vous donne l’occasion de sélectionner un ouvrage (là aussi le choix est très limité question auteurs). Une fois votre choix fait et le montant réglé au manager, votre ouvrage s’imprime en 8 minutes sur une machine située dans le restaurant. Un principe proche de celui des éditions PUF qui ont ouvert un lieu comparable rue Monsieur le Prince à Paris.

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Difficile d’apprécier ce volet littéraire du restaurant, pourtant au coeur de son positionnement.

Le choix des ouvrages est finalement peu sexy et pénalise selon moi le succès de cette initiative pourtant intéressante. Sans doute que ORSERY peine encore à convaincre des auteurs à succès à rejoindre sa plate-forme.

Et, l’imprimante géante (placée en test dans le restaurant selon un serveur) est assez laide. Elle jure dans le décor et n’est donc pas vraiment mis en scène.

Je parie qu’une fois rôdé, ZA privilégiera les ouvrages présentés dans ses bibliothèques, et proposera à ses clients un espace lounge confortable pour les apprécier.

4 – L’OFFRE CULINAIRE

Mon plateau arrive enfin et s’arrête parfaitement et automatiquement devant mon numéro de table. C’est le tapis roulant de certains restaurants japonais qui est revisité ici.

 

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Lentils and eggplants salad
Lentils and eggplants salad
Omelet with mushrooms
Omelet with mushrooms

Rassurez-vous, c’est bien meilleur que cela en a l’air. Et heureusement !

C’est en effet peu appétissant visuellement ni copieux  (j’ai commandé une “petite salade”, il n’y a pas tromperie sur le terme “petite”) mais c’est bon. Vu le caractère basique de la recette, difficile néanmoins de rendre cela mauvais.

14,90€ avec une boisson, ce serait à peu près le prix en vigueur dans une brasserie parisienne.

Pourtant, la déception domine. Pas de quoi laisser un souvenir impérissable ni l’envie de conseiller ses amis d’essayer ZA.

Va pour les bugs informatiques qui seront réglés prochainement. Mais, on ne peut qu’être déçu de découvrir dans un plateau en plastique une restauration sans imagination, ni effort particulier de présentation.

Je regrette que la promesse de nourriture saine, qui est un des fondements du positionnement de ZA, ne soit pas théâtralisée dans l’assiette. La plateau en matière plastique n’évoque pas la naturalité (c’est un euphémisme). Sa couleur jaune n’est pas non plus flatteuse pour la nourriture.

Je réalise à nouveau que ZA, comme beaucoup de lieu trendy, a encore besoin de régler l’équilibre entre design et restauration. Le deuxième volet restera toujours le premier motif de visite d’un client sur le long terme.

Partout en Europe (notamment à Londres ou au Pays-Bas que je connais mieux), on voit des offres de restauration émerger avec bien plus d’ambitions et de qualité.

Je ne manque pas de regretter que l’esprit des Halles n’ait pas été revisité dans le nouveau Forum, pour proposer à sa clientèle un restaurant qui offre bien plus qu’une expérience digitale.

Je pense spontanément à DE HALLEN (“Les Halles”) à Amsterdam, un food court convivial aux offres culinaires multiples et à la personnalité “urbaine chic”.

Croyez-vous que cela n’aurait pas marché à Paris ?

De Hallen - Amsterdam
De Hallen – Amsterdam