Carrefour Market en Version Gourmet à Paris

Carrefour Market en Version Gourmet à Paris

Si on attend encore Carrefour sur la ré-invention de l’hypermarché, force est de constater que le groupe multiplie les initiatives sur ses format de proximité partout en Europe.

On avait déjà pu apprécier notamment le nouveau concept City (voir mon article ici) et une première version plus haut de gamme du format Market avec le magasin du boulevard Saint Marcel à Paris (lire mon expérience en immersion).

Aujourd’hui, direction le très chic 7ème arrondissement pour découvrir un nouvelle déclinaison “gourmet” (même si le terme n’apparaît pas dans le branding des lieux) de Market.

Un magasin est installé au rez-de-chaussée d’un immeuble récent de standing. Un emplacement de choix pour lequel l’enseigne a bataillé pendant de longues années pour lever un à un les obstacles qui ont freiné son installation.

En façade, le magasin s’étend sur près de 100 mètres et se trouve coupé en deux par une entrée de métro. Compte tenu du fait qu’il est interdit d’accrocher des enseignes à l’extérieur ni de positionner des chariots sur le trottoir, difficile d’orienter les clients vers la seule entrée du point de vente. Pas de parking non plus. Les contraintes ne manquent pas.

Ici, les clients bénéficient pourtant d’un magasin de 2300 m2 sur deux niveaux. Un format exceptionnel dans cet arrondissement qui lui permet de développer une offre large et profonde pour satisfaire les besoins des familles du quartier.

Carrefour a fait appel à l’agence Schweitzer avec laquelle le groupe a déjà ouvert des supermarchés Carrefour Gourmet en Italie, Espagne et Maroc. Schweitzer est réputé pour son expertise en matière de points de vente alimentaire haut de gamme. On lui doit d’ailleurs le design et la fabrication des mobiliers de l’Epicerie du Bon Marché installée à quelques encablures de là.

Dès l’entrée, Carrefour nous accueille avec un stand “fruitier” et ses découpes à la minute. Une (toute petite) aire dédié au café est aussi installé le long de la vitrine. Sans beaucoup d’ambition malgré tout. Ce magasin est avant tout un supermarché où l’on fait son plein de courses.

Le rayon fruits et légumes trône au coeur des premiers dix mètres du point de vente. Dans un esprit marché très chic et rassurant sur la qualité.

Les autres métiers traditionnels, en prolongement de la zone fruits et légumes, profitent eux aussi d’une très belle mise en scène. A noter les arrières de stands boucherie et poissonnerie traités en mosaïques, qui sont à la fois très élégants et d’un très fort impact.

La dimension “gourmet” du magasin se traduit par une offre et un merchandising de grande qualité, encore rare dans les supermarchés classiques.

La plupart des mobiliers a fait l’objet d’un design spécifique où le bois est très présent.

Au fur et à mesure de la visite, on mesure la complexité de l’organisation de l’espace : plafond très bas, nombreuses canalisations, impossibilité d’accrocher de le la signalétique aérienne pour des raisons de nuisances sonores liées aux vibrations occasionnées par le métro. Pour ces mêmes contraintes acoustiques, le sol est recouvert de dalles en vynile. Pas du meilleur goût mais, là aussi, il s’agissait d’une contrainte non négociable.

Toujours au rez-de-chaussée, on découvre une une cave bien achalandée et aux circulations généreuses.

A noter également un stand de sushis préparés sur place signé Sushi Daily (près de 500 kiosques en Europe)

Carrefour innove aussi en matière de service. Le point accueil du magasin abrite ainsi l’offre de conciergerie Lulu dans ma Rue ainsi qu’un point relais colis.

Comme on l’avait vu dans le concept City, le magasin incite ici aussi ses clients à utiliser les sites marchands spécialisés du groupe pour accéder à toute la richesse de l’offre Carrefour. Chez Carrefour comme chez ses concurrents, le virage de l’omnicanal est pris.

Le magasin propose deux zones d’encaisssement aux mobiliers très compacts afin de maximiser le nombre de caisses et traiter au mieux le flux clients. Même s’il n’est pas forcément évident de les repérer aisément la première fois que l’on visite le magasin.

On accède au sous-sol avec un escalator doté d’un rail spécifique pour les chariots. On avait déjà vu pareil dispositif dans le Market du boulevard Saint Marcel.

Paradoxalement, le sous-sol offre plus d’espace et de volume que le rez-de-chaussée. Mais, compte tenu de la complexité du plan, Carrefour a installé un principe de guidage des clients via un éclairage aérien qui invite à parcourir les longues allées et découvrir tous les rayons.
On regrette néanmoins l’absence de gondoles basses en partie centrale qui aurait offert plus de visibilité à la surface de vente. Mais, manifestement Carrefour n’était pas prêt à réduire un peu son assortiment.
Dans un environnement qui privilégie ici le côté fonctionnel des courses, le rayon beauté est un des rares à faire l’objet d’un traitement spécifique, notamment en matière d’éclairage.
Compte tenu de l’absence de parking, la livraison à domicile est un enjeu majeur pour le développement du chiffre d’affaires du magasin. C’est pourquoi une zone dédiée à la livraison permet aux clients de laisser leur charriots en sous-sol et de repartir sans contraintes.
Ouvert depuis à peine quelques jours, le magasin connaît une forte affluence. Compte tenu de la taille du point de vente et du pouvoir d’achat de la clientèle locale, le magasin devrait rapidement atteindre des rendements élevés, de l’ordre de 10 à 12 000 euros du mètre carré. De quoi justifier tous les efforts fournis pour tirer au mieux parti de cet espace atypique.